lundi 6 avril 2009

« C'est une joie d'être présidente de région »



PAUSE DÉJEUNER AVEC... Ségolène Royal. La présidente du Conseil régional était l'invitée de la rédaction hier pour un tour d'horizon à l'entame de la dernière année de son mandat.


Ségolène Royal, vous attaquez la dernière année de votre mandat régional. Est-ce que vous avez tenu les promesses de la campagne de 2004 ?

Ce n'est pas encore le moment de faire un bilan. Il reste un an, c'est beaucoup. [...] Nous sommes allés beaucoup plus loin que les engagements du projet initial. Vous pouvez le reprendre point par point pour vérifier. Voyez les 5000 emplois-tremplin, on les a largement dépassés.

Le projet politique avait été construit dans des réunions participatives, il a évolué de la même façon. Il s'est enrichi d'idées neuves. Sur le plan économique par exemple : l'appel à projets du véhicule électrique, l'agence régionale de l'innovation, le plan photovoltaïque de 400 millions d'euros, etc. D'autres chantiers arrivent, l'objectif « zéro pesticide en Région » par exemple.

De quoi êtes-vous la plus fière ?

Une action parmi d'autres ? C'est difficile. L'exemplarité de la région sur la croissance verte, c'est essentiel. Parce que derrière cette volonté d'excellence environnementale, il y a tout : les nouveaux métiers, les nouveaux emplois, une meilleure santé, une meilleure agriculture, les énergies renouvelables. On fait chaque jour la démonstration que c'est possible. La France pourrait être l'un des premiers pays du monde dans ce domaine.

Le deuxième pilier, c'est l'éducation. En Poitou-Charentes, on est exemplaire sur l'apprentissage, la formation professionnelle. Des actions qui sont imitées dans les autres régions.

Votre discours est volontairement positif. Il n'y a rien que vous ayez raté depuis que vous êtes aux commandes ?

Qu'est-ce qu'on a raté ? (Elle réfléchit, interroge du regard Jean-Luc Fulachier, le directeur général des services.) Le pôle de compétitivité qu'on voulait porter et qui a été torpillé par la droite ? Ce qui pèse, ce sont les réticences politiques ou administratives. Regardez Heuliez, il faudrait que ça débouche vite. C'est pas possible d'attendre quelques millions d'euros alors qu'on parie sur le véhicule du futur.

Les élus régionaux ont-ils les coudées franches ?

Je fais confiance, je délègue beaucoup. Pas la première année, c'est vrai, parce que je voulais tout comprendre du fonctionnement de la Région, des financements, des marges de manoeuvre, etc. Afin de ne pas me laisser déborder. Mais ensuite, j'ai laissé une très grande marge de décision aux élus. Aujourd'hui, je contrôle, c'est tout. Parfois je resserre un peu la vis, mais c'est marginal. J'ai une excellente équipe d'élus, soudée. À tel point que je ne fais même plus de différences entre les socialistes, les verts, les communistes, les radicaux...

Pendant ces cinq ans, vous avez fait trois campagnes personnelles (les primaires socialistes en 2006, la présidentielle en 2007, la campagne interne du PS en 2008). Est-ce que l'action régionale en a pâti ?

Je pense que la Région en a bénéficié, notamment en termes de notoriété. Toutes mes prises de parole ont eu lieu en tant que présidente de Région. J'illustre toujours mes propos par un exemple issu de la politique régionale ou en citant des gens qui font ici des choses formidables. C'est la politique par la preuve. Ce qui est fait ici, on pourrait le faire au niveau national.

Dans la dernière année de mandat, on pense forcément aux élections qui vont suivre. Vous avez déjà une liste, des thèmes de campagne ?

C'est un sujet qu'on n'aborde absolument pas. Il y a encore un an de mandat, dans un contexte de crise économique difficile, les gens sont au boulot. Il n'y a pas un élu qui soit venu me voir pour me parler de la prochaine liste. Je le recevrais très mal si ça arrivait. On n'est pas du tout dans cette phase. On est au service de la Région.

Vous y penserez quand ?

Le plus tard possible, l'année prochaine. Aujourd'hui, on bosse. Et je vous assure que c'est un bonheur d'être présidente de Région, une joie de tous les jours. Vous avez vu ce récent sondage qui dit que les gens sont plus attachés au fait régional qu'à leur département ?

Et si c'est l'opposition qui part en campagne la première ?

Si l'opposition a de bonnes propositions à faire pour la Région, qu'elle les fasse plutôt avant le vote du dernier budget. Je voterai sans problème une bonne idée de l'opposition. Il lui reste un an.

Qu'est-ce qui est le plus important : la Région ou 2012 ?

C'est la Région. Ce sont les autres qui évoquent 2012, pas moi.

Samedi, vous étiez pourtant à Paris avec vos troupes de Désirs d'avenir...

Je leur ai parlé d'Heuliez ! Si je peux avoir une expression politique authentique, c'est grâce à ce que je vis et je fais dans la région. Inversement, si je fais des choses positives ici, c'est parce que j'ai une vision claire des enjeux nationaux et internationaux. Je ne serais pas la même présidente de Région si je n'avais pas ces responsabilités nationales.

« J'attends de Sarkozy »...
...« Qu'il profite de sa visite à Châtellerault pour annoncer le maintien de l'école de Gendarmerie. En tant que chef des armées, il a le pouvoir de la décision et lancerait, dans un bassin d'emploi particulièrement fragilisé, un signe fort en direction de nos concitoyens. »
... « Qu'il se comporte en tant que président de la République et débloque sans lésiner le fonds d'investissement stratégique pour les entreprises précarisées. Chez Fabris, nous sommes intervenus et avons évité le dépôt de bilan. Des idées ont été mises sur la table, mais elles ont besoin du soutien de l'État pour aboutir. Il en va de même d'Heuliez. Il appartient à Nicolas Sarkozy de rectifier le flou artistique qui entoure ce dossier. C'est à lui et à lui seul qu'incombe le devoir de reconnaître l'enjeu économique du véhicule électrique et de déterminer la stratégie adaptée au développement du projet. C'est à lui et à lui seul qu'incombe le devoir d'éviter le dépeçage de cette entreprise. »

Ça va mieux en le disant
Paris Match a été condamné à 16 000 euros d'amende pour avoir publié des photos de vous. Où placez-vous la frontière entre la femme politique et la femme privée ?
C'est très simple. La vie publique, c'est ce qu'on décide de rendre public. Le reste, c'est privé. Alors, on me rétorque que j'ai posé avec mes enfants. Mais quand Giscard était sur des photos électorales avec ses enfants on ne disait rien ! Jamais vous ne m'avez vue avec ma famille sur des affiches électorales. Je ne ferai jamais ça.
Cette photo avec ma fille, ça remonte à 16 ans ! À l'époque, je suis ministre de l'Environnement, la presse me demande ce genre de choses, alors je donne une photo avec mon enfant, parfaitement digne et respectable, pour éviter ensuite d'être pourchassée.
C'est comme si vous invitiez votre voisin à prendre l'apéritif chez vous et que, le lendemain, il revienne et entre sans demander la permission, puis se serve lui-même. Quand je donne une photo, c'est public. Sinon, c'est privé. Et on ne rentre pas dans un domicile privé.


Arnaud Fage - Source : Centre Presse


Rencontre avec Howard Dean

Terra Nova vous invite à une rencontre exceptionnelle avec Howard Dean (Président du Parti Démocrate américain) - "Moderniser la vie politique : le modèle Obama" - en présence d'Arnaud Montebourg, Delphine Batho et Olivier Ferrand.


SAMEDI 4 AVRIL – 16h à 18h
Mairie du IVème arrondissement
2 place Baudoyer, 75004 Paris


Président sortant du Parti démocrate (2004-2009), ancien Gouverneur du Vermont, Howard Dean est considéré comme le précurseur et l’architecte de la victoire de Barack Obama. Candidat à la primaire présidentielle en 2004 face à John Kerry, il est le premier candidat à avoir maîtrisé internet, en s’appuyant notamment sur Move On pour créer un mouvement de soutien. A la tête des Démocrates, il a contribué à élaborer la stratégie politique gagnante (« stratégie des 50 Etats », allongement de la primaire) et les outils technologiques (présence sur les réseaux sociaux, site internet communautaire, financement par petits dons, programme de porte à porte…) qui ont été mis en œuvre par le candidat Obama. Il a également été au cœur de l’élaboration du programme présidentiel.

Arnaud Montebourg (secrétaire national du PS à la modernisation), Delphine Batho (députée) et Olivier Ferrand (président de Terra Nova) reviennent d’un séminaire sur la campagne présidentielle US, organisé à Washington par les équipes Obama pour la gauche européenne. Terra Nova a para ailleurs réalisé une mission sur les innovations de la campagne Obama (rapport disponible sur www.tnova.fr).

La rencontre sera introduite par Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement.


Arnaud Fage – Source : Désirs d'avenir


Succès pour Ségolène Royal sur Dailymotion

Nouvelle étape pour Ségolène Royal, elle a été la première personnalité politique française à s'installer sur Dailymotion, site de partage vidéo, de vendredi à dimanche. Les internautes étaient invités à poser leurs questions par webcam à l'ex-candidate à la présidentielle.

Une centaine de vidéos ont été postées, avec un score d'environ 27 000 visites pour la plus vue d'entre elles, consacrée aux « difficultés économiques ». Les onze réponses en images de Ségolène Royal portent essentiellement sur la crise, la politique de relance, l'éducation ou la politique du PS. Succès de l'opération qui souligne néanmoins la volonté de S.Royal d'être toujours présente et visible sur le Net.

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