lundi 6 avril 2009

Ségolène Royal Biographie

Marie-Ségolène Royal , née le 22 septembre 1953 à Dakar, dans l'arrondissement de Ouakam en Afrique occidentale française (aujourd'hui au Sénégal), est une femme politique française.

Ancienne députée, ancienne ministre des gouvernements Bérégovoy et Jospin, elle est actuellement présidente du conseil régional de Poitou-Charentes. Elle est la première femme à avoir accédé au second tour d'une élection présidentielle française, qu'elle a perdu face à Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007, avec 46,94 % des suffrages exprimés contre 53,06 %.

Biographie [modifier]

Origines, études et famille [modifier]

Elle est la fille de Jacques Royal (1920 - 1981), lieutenant-colonel d'artillerie de marine, adjoint au maire de Chamagne (Vosges), chevalier de la Légion d'Honneur, lui-même fils du général de brigade Florian Royal (1891 - 1975), polytechnicien (X 1912), officier de la Légion d'honneur, et d'Hélène née Dehaye. Le couple eut huit enfants en neuf ans : Marie-Odette, Marie-Nicole, Gérard (lieutenant-colonel à la DGSE et protagoniste de l'affaire du Rainbow Warrior), Marie-Ségolène, Antoine, Paul, Henry et Sigisbert. Le colonel Benoît Royal, cousin de Ségolène Royal, est l'actuel chef du Service d'informations et de relations publiques des armées de Terre (SIRPA) et auteur d'un livre sur l'Éthique du soldat français en 2008[1],[2].

Sa famille habite en Martinique pendant trois ans en raison d'une autre affectation militaire de son père en 1960. Elle est alors élève du pensionnat Saint-Joseph de Cluny à Fort-de-France[3]. À son retour en métropole, la famille Royal s'installe dans le village de Chamagne, près d'Épinal, dont elle est originaire.

Elle effectue ses études primaires et secondaires à Charmes (Vosges) puis intègre le lycée privé Saint-Joseph d'Épinal en 1968 et obtient le baccalauréat B, en sciences économiques. Elle est jeune fille au pair à Dublin (Irlande) pendant l'été 1971[4]. Après une licence de sciences économiques à l'Université Nancy II, elle est diplômée de Sciences Po en 1978.

Elle intègre ensuite l'École nationale d'administration, promotion Voltaire. Pendant sa scolarité, elle fait un stage en Martinique en 1978. Elle en sort en 1980 (95e de sa promotion[5]), et choisit un poste de magistrat au tribunal administratif de Paris. En 1994, elle devient avocat au barreau de Paris par le jeu des équivalences de diplôme[6] tout en siégeant à l'Assemblée nationale et au conseil général des Deux-Sèvres, et entre au cabinet Teitgen.

Fin 1978, elle rencontre François Hollande sur les bancs de l'École nationale d'administration qu'elle vient d'intégrer. Sorti de l'ENA à la Cour des comptes, il deviendra en 1997 premier secrétaire du Parti socialiste. Ils ont eu quatre enfants : Thomas (1984), qui s'est occupé de la campagne sur le web de sa mère et du site Segosphere.net[7], Clémence (1985), Julien (1987) et Flora (1992). Elle a démenti la rumeur selon laquelle ils avaient conclu un pacte civil de solidarité (PACS)[8]. La rupture entre Ségolène Royal et François Hollande a été annoncée en pleine soirée électorale du 17 juin 2007, jour du second tour des élections législatives françaises de 2007, marqué par une bien meilleure performance de la gauche qu'au premier tour[9].

Carrière politique [modifier]

Considérations générales [modifier]

Ségolène Royal pendant son meeting de Toulouse du 19 avril 2007 pour l'élection présidentielle de 2007.

Elle adhère au Parti socialiste, à la section du 6e arrondissement de Paris en 1978, l'année de son diplôme de Sciences-Po.
Remarquée par Jacques Attali alors qu'elle est conseillère de tribunal administratif en disponibilité, elle devient de 1982 à 1984 chargée de mission au secrétariat général de la présidence de la République pour suivre les questions de jeunesse et de sports. De 1984 à 1988, François Mitterrand lui confie les affaires sociales et l'environnement en remplacement de Yannick Moreau, partie diriger le cabinet de Jean-Pierre Chevènement, nouveau ministre de l'Éducation nationale. C'est à ce poste qu'elle travaille pour l'Elysée à la préparation des sommets internationaux.

En 1983, elle trouve sa première implantation locale d'élue en devenant conseillère municipale d'opposition en Normandie, dans le secteur où habite sa mère. Mais Louis Mexandeau, député de Caen lui refuse une place sur sa liste aux élections législatives de 1986, qui se font à la proportionnelle. Dès 1988 elle gagne une circonscription des Deux-Sèvres historiquement ancrée à droite. Elle a depuis été réélue à ce poste à chaque élection, et en a démissionné deux fois, pour occuper des fonctions ministérielles. Elle n'est cependant pas parvenue à devenir maire, sa dernière tentative datant de 1995, où elle obtient l'investiture du Parti socialiste pour l'élection à Niort, mais échoue face au maire socialiste sortant Bernard Bellec qui avait refusé de se retirer.

Sa carrière politique nationale prend son véritable essor à partir du Gouvernement Bérégovoy, en 1992, dans lequel elle est ministre de l'Environnement. Puis, de 1997 à 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin, puis Ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées de 2000 à 2002.

En 2004, elle fait basculer à gauche le conseil régional de Poitou-Charentes dont elle devient présidente. Région traditionnellement de droite, elle gagne dans le fief du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, qui en était le président, en y réalisant le meilleur score du PS en France. Elle n'est pas la première femme à présider une région, mais elle était jusqu'en 2008 et l'élection de Marie-Marguerite Dufay au poste de Raymond Forni en Franche-Comté, la seule femme à exercer cette fonction.

Le 16 novembre 2006, elle a été désignée au premier tour par 60,65 % des 178 000 militants socialistes[10] comme candidate officielle du parti socialiste pour la présidentielle de 2007. Elle devance Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius[11].

Le 22 avril 2007 avec 25,87 % des voix (contre 31,18 % à son rival Nicolas Sarkozy) ; elle accède au second tour de scrutin lors de l'élection présidentielle française[12], auquel elle obtient 46,94 % des voix[13].

Ses détracteurs lui reprochent l'usage qu'elle fait de son apparence physique en politique[14], d'autant qu'à l'été 2005, elle s'est fait faire une opération de chirurgie esthétique faciale[15]. D'une façon générale, les mêmes lui reprochent un style porté sur un registre émotionnel, moral voire messianique avec une tendance marquée à la victimisation. Cette statégie qui s'avère souvent payante, vise à obtenir l'empathie des militants[16].

Premiers mandats [modifier]

En 1983, elle souhaite s'implanter électoralement à Villers-sur-Mer (Calvados), où réside sa mère. Cependant, face au refus du maire d'alors, si l'on en croit les propos de Micheline Vincent, elle s'éloigne de quelques kilomètres et rejoint la liste d'« Union de la gauche » de Trouville-sur-Mer, menée par Gilbert Hurel (PS). La liste battue, elle devient conseillère municipale d'opposition. Elle a été présente à 12 conseils municipaux sur 39 et est intervenue 8 fois en séance[17]. Elle souhaite être investie aux législatives de 1986, mais essuie le refus des socialistes bas-normands, notamment Louis Mexandeau. Elle démissionne alors du conseil municipal de Trouville pour chercher une nouvelle implantation politique.

En 1988, elle demande à François Mitterrand, le jour de son investiture pour son second septennat, s'il peut l'aider à s'implanter dans une circonscription en vue des prochaines élections législatives. Elle est ainsi « parachutée » dans les Deux-Sèvres, en remplacement de Jean-Paul Jean, la veille de la clôture des candidatures, dans une circonscription que la gauche a peu de chance de gagner.

Après une campagne vigoureuse, « expliquant aux paysans qu'elle allait leur donner des cours d'anglais dans les villages pour qu'ils puissent exporter leur chabichou[18] », elle est élue députée de la 2e circonscription, celle de Saint-Maixent-l'École au second tour avec un score de 50,57 %.

Commentant son succès dans une circonscription historiquement ancrée à droite, elle déclare : « Pour un parachutage, l'atterrissage est réussi ». À sa demande, François Mitterrand accorde en 1992, dans le cadre de ses grands travaux présidentiels, une subvention de 50 millions de francs aux communes du Marais poitevin des Deux-Sèvres, dans la circonscription de Ségolène Royal. L'assise locale de la députée en est confortée : elle sera réélue en 1993, 1997 et 2002.

Portefeuilles ministériels [modifier]

Dans le gouvernement Bérégovoy (1992-1993) [modifier]

Du 3 avril 1992 au 29 mars 1993, elle est ministre de l'Environnement[19] du Gouvernement Bérégovoy. Durant son ministère, elle s'attache aux questions du traitement et du recyclage des déchets, des nuisances visuelles et sonores et aux problèmes liés à l'eau. Elle fait voter une loi sur le traitement et le recyclage des déchets (loi de juillet 1992), avec un soutien aux technologies innovantes pour le traitement et la collecte des déchets.

Contre les nuisances, elle fait voter une loi de lutte contre le bruit (loi-cadre de décembre 1992) avec la prévention du bruit des transports, dans les bâtiments publics (les cantines scolaires par exemple), les lieux de travail, etc. Elle fait ensuite voter une loi sur la « reconquête des paysages » (loi de janvier 1993), suivie de la labellisation de cent paysages et de leurs produits (opération « Sauvons nos paysages, savourons leurs produits »).

Elle s'attache aux problèmes liés à l'eau en travaillant à l'application de la loi sur l'eau votée peu de temps avant sa prise de fonction, à l'initiative de son prédécesseur, Brice Lalonde : création d'une Direction de l'eau au sein du ministère, lancement des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), augmentation du budget des agences de l'eau et réforme de la police des eaux (coordination interministérielle de la gestion de l'eau).

Son quatrième enfant, Flora, naît alors qu'elle est ministre. Profitant que pour la première fois en France, une ministre accouche pendant son mandat, elle a fortement médiatisé cette naissance, contre l'avis de son compagnon, François Hollande, en montrant son bébé aux caméras de télévision et aux photographes (elle fera notamment la couverture de Paris-Match), suscitant un débat sur la séparation entre la vie publique et la vie privée[20].

Dans le gouvernement Jospin (1997-2002) [modifier]
L'enseignement scolaire

Du 4 juin 1997 au 27 mars 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l'Éducation nationale Claude Allègre. Elle abandonne alors son mandat de député qu'elle reconquiert en juin 2002. Durant son mandat, elle s'attache à l'aide aux enfants défavorisés ou en difficultés scolaires avec la relance des zones d'éducation prioritaire, la création de fonds sociaux pour les élèves (comme le fonds social pour les cantines scolaires), la création des heures de soutien scolaire ou encore la création des classes et des premiers internats-relais. Elle lance aussi des initiatives telles que le contrat éducatif local et les itinéraires de découverte au collège.

Ségolène Royal, ministre de la Famille et de l'Enfance.

En matière de sécurité, elle s'attache à la défense des droits de l'enfant et à la lutte contre la violence à l'école (loi de juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs). Elle fait voter également la loi de juin 1998 contre le bizutage et soutient des campagnes de sensibilisation contre le racket. Enfin, dans le domaine de la santé, elle s'attache à la revalorisation du rôle des infirmières scolaires et rend disponible gratuitement la pilule du lendemain dans les lycées.

Elle signe en 1997 une circulaire contre les violences sexuelles.

Icône de détail Article détaillé : Circulaire Royal.
La famille et à l'enfance

Du 27 mars 2000 au 27 mars 2001, elle est ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance[21] du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, brièvement Martine Aubry puis Élisabeth Guigou.

Ensuite, du 28 mars 2001 au 5 mai 2002, elle est ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées[22] du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Élisabeth Guigou. C'est à ce poste qu'elle se fit connaître du grand public notamment par sa réforme de la loi sur l'autorité parentale.

La députation [modifier]

Le 18 juin 2002, elle est réélue députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres. Elle l'avait déjà été à 3 reprises auparavant : du 12 juin 1988 au 2 avril 1993 (mais elle dut démissionner le 2 mai 1992 pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy), du 2 avril 1993 au 21 avril 1997 et du 1er juin 1997 au 16 juin 2002 (mais elle dut démissionner le 4 juillet 1997 pour entrer dans le gouvernement Jospin). En 2002, donc, elle est membre de la commission des lois, présidente du groupe d'études sur les droits de l'enfant et occupe la place numéro 500 dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

D'après l'hebdomadaire L'Express, elle se classe au 469e rang[23] des 577 députés les plus actifs, avec 8 interventions en séance. Elle a aussi présenté deux propositions de loi, alors que la moyenne dans l'assemblée est de six : l'une portant sur « la prévention des violences faites aux femmes », l'autre sur « la lutte contre l’utilisation marchande et dégradante du corps humain dans la publicité », ce qui est souligné par ses détracteurs[24].

Elle a annoncé en 2006 son intention de ne pas se représenter au poste de députée, décision qu'elle a confirmée le 11 mai 2007, à l'issue de la présidentielle[25]. Le PS a investi Delphine Batho pour briguer son siège.

Le conseil régional [modifier]

En mars 2004, elle remporte la présidence de la région Poitou-Charentes face à son prédécesseur Élisabeth Morin (UMP).

Ségolène Royal fait de l'éducation une de ses priorités (la région, comme d'autres en France, consacre près de la moitié de son budget à la formation, l'apprentissage, l'éducation et l'enseignement supérieur).

La région Poitou-Charentes a fortement augmenté les impôts en 2005 (+14,5 % pour une moyenne nationale de +21 %) et stabilise également la dette publique (augmentation inférieure à 2 % en 2006) qui n'avait cessé de croître depuis 2001.

En matière économique, la région met en place une charte d'engagements réciproques qui engage les entreprises touchant des aides de la région à ne pas délocaliser, à ne pas licencier (si elles font des bénéfices) et à respecter la loi en matière d'environnement. En 2005, les 182 chartes signées auraient créé 832 emplois et permis 1415 formations. Elle soutient les programmes de recherche appliquée (10 millions d'euros) et utilise les commandes publiques pour soutenir des « productions locales d'excellence » (comme les installations pour les énergies renouvelables). Elle met en place les « bourses tremplins » pour l'emploi qui auraient participé à la création de 2000 entreprises (dont la moitié pour les jeunes) et les « emplois tremplins » pour les jeunes qui en deux ans auraient créé 2900 emplois (dont 1560 dans le secteur associatif). Elle favorise l'accompagnement des salariés licenciés par la création d'une plate-forme de conversion à Châtellerault et le développement des « comités de bassins d'emploi ». Elle accorde également des aides pour les projets de reprise d'entreprises par les salariés ou un repreneur. Enfin, elle met en place une aide pour les jeunes agriculteurs (35 installations aidées en 2005) et à la production agricole de qualité et respectueuse de l'environnement (687 exploitations ont bénéficié des Contrats régionaux d'exploitation en 2005).

En matière de santé, la région créé un fonds social régional pour assurer la gratuité d'accès à la contraception pour les jeunes filles des lycées professionnels et des centres de formation des apprentis de Poitou-Charentes[26].

Enfin, en matière d'infrastructure et de technologie, la région soutient, dans la continuité de ses prédécesseurs, le développement des TER (achat de 27 nouveaux trains Bombardier pour 100 millions d'euros), crée l'opération « TER à un euro » et défend les lignes de trains Corail menacées de fermeture. Via Arantis[27] la région équipe 500 petites communes en ordinateurs reliés à Internet et propose une aide à la création de sites Internet pour les entreprises et les agriculteurs de la Région.

Sa gestion politique des institutions de la région est néanmoins la cible de critiques. Ainsi la totalité des décisions du comité régional de tourisme (CRT) de Poitou-Charentes a été annulée par la justice pour l'absence de convocation d'une élue de l'opposition[28].

L'UMP parle de clientélisme pour certaines affectations de subventions et donne l'exemple du Fonds régional d'intervention locale (FRIL) dont 24 % des subventions sont destinées à la circonscription de Ségolène Royal qui ne représente que 5,3 % de la population[29]. Dans Le Livre noir des régions socialistes, l'UMP affirme aussi que les investissements dans l'action sociale ont chuté de 87 % entre 2005 et 2006 et que les frais de personnel ont augmenté de 57 % depuis le début de sa présidence[30].

Depuis son élection à la tête du conseil régional, Ségolène Royal est également porte-parole de l'Association des régions de France. Tentée par la présidence de l'ARF en juillet 2007, elle renonce à concourir contre Alain Rousset, en poste depuis 2004, et conserve sa fonction[31].

Élection présidentielle de 2007 [modifier]

Icône de détail Voir les articles : Primaires présidentielle socialistes de 2006 et élection présidentielle française de 2007.

Certains observateurs, dont Alain Duhamel, lui ont prêté l'intention de se présenter à l'élection présidentielle de 1995[32].

En 2006, le Parti socialiste organise des élections primaires pour choisir un candidat à l'élection présidentielle de 2007. Ségolène Royal déclare sa candidature, tout comme Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Plusieurs sondages menés au début de l'année 2006 indiquaient qu'elle pouvait remporter cette investiture[33], ainsi que l'élection présidentielle[34]. Finalement, le 16 novembre 2006, Ségolène Royal obtient 60,65 % des voix — contre 20,69 % pour Dominique Strauss-Kahn et 18,66 % pour Laurent Fabius — et est ainsi désignée candidate du Parti socialiste. La participation a été de 82,03 %, soit 178 000 votants pour près de 218 000 militants inscrits[10]. Ségolène Royal constituera son équipe de campagne autour de Jean-Louis Bianco et François Rebsamen, tous deux codirecteurs de campagne et désigne Dominique Bertinotti comme sa mandataire financière. Elle a également créé l'association Désirs d'avenir pour l'épauler à côté du PS, certains dans le parti craignant d'ailleurs une sorte de contournement du PS par cet appareil[réf. nécessaire].

Ségolène Royal aux côtés de Dominique Strauss-Kahn et de Bertrand Delanoë à Paris, le 6 février 2007

Après une phase d'écoute et de débats participatifs, elle présente son pacte présidentiel[35] le 11 février 2007 à Villepinte.

Malgré la présentation de son programme et la fin de la phrase participative décriée par les commentateurs, la campagne de Ségolène Royal n'enregistre pas de gains d'électeurs dans les sondages. Elle doit par ailleurs faire face à la montée en puissance de François Bayrou.

Ségolène Royal s'est qualifiée pour le second tour le 22 avril 2007 avec un score de 25,87 % des suffrages exprimés[36] mais perd le second tour de l’élection présidentielle avec 46,94 % des suffrages contre 53,06 % pour Nicolas Sarkozy.

Elle ne se présente pas à la députation lors des élections législatives de 2007, en accord avec son opposition au cumul des mandats annoncée durant la campagne présidentielle.

En janvier 2009, Ségolène Royal s'attire des sarcasmes en déclarant que la campagne victorieuse de Barack Obama à l'élection présidentielle américaine de 2008 s'est inspirée de la sienne, propos qu'elle tempère par la suite, en affirmant que c'était de l'humour[37].

Après 2007 [modifier]

Icône de détail Article détaillé : Congrès de Reims.

Ex-candidate à l'élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal envisage sa candidature au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste au prochain congrès de 2008 si elle est en capacité de « faire une offre politique »[38].

Le 14 février 2008, elle signe, avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, l'« Appel du 14 février » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire Marianne[39]. Le 17 mai 2008, elle annonce officiellement sa candidature au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste[40], puis la met entre parenthèses le 15 septembre, en proposant « que chacun mette au Frigidaire les questions de candidature »[41].

Le 6 novembre 2008, lors du vote des militants socialistes pour le congrès de Reims, la motion qu'elle a signée arrive en tête avec 29,08 % des suffrages, devant celles de Bertrand Delanoë (25,24 %), de Martine Aubry (24,32 %), de Benoît Hamon (18,52 %), du Pôle écologique (1,59 %) et d'Utopia (1,25 %)[42]. Le 14 novembre, alors que le congrès de Reims peine à dégager une synthèse, elle confirme sa candidature au poste de premier secrétaire du PS. Le 20 novembre 2008, lors du premier tour de l'élection du premier secrétaire du Parti socialiste, elle arrive en tête, et se qualifie pour le second tour avec 42,9 % des votes des militants socialistes, devant Martine Aubry (34,5 %) et Benoît Hamon (22,6 %), qui appelle aussitôt à voter pour cette dernière[43].

Le lendemain, le second tour l'opposant à Martine Aubry donne Ségolène Royal perdante de 42 voix, soit 50,02 % contre 49,98 %. Contestant ce résultat, elle réclame un nouveau vote[44]. Le 25 novembre, la commission de récolement, après un nouveau décompte des voix, annonce les résultats définitifs et confirme la victoire de Martine Aubry avec 102 voix de plus que sa rivale (soit 50,04 % des suffrages contre 49,96 %). Le soir même, le Conseil national valide ce résultat et l'élection de Martine Aubry comme première secrétaire du PS. Mme Royal diffuse alors sur Internet une vidéo appelant ses partisans à s'organiser pour l'élection présidentielle française de 2012[45].

Associations proches [modifier]

Ses partisans ont créé au sein du PS le courant L'Espoir à gauche, tandis que Désirs d'avenir continue son existence et lui finance certains de ses déplacements dans le pays[46]. Parallèlement, Pierre Bergé a créé l'Association des Amis de Ségolène Royal en février 2008 qui lui permet d'occuper pour une somme symbolique des locaux au coeur du 6e arrondissement[47]. Ce soutien financier substantiel de Pierre Bergé lui a valu une mise en garde du ministre des finances Eric Woerth[48].

Synthèse des fonctions politiques [modifier]

Président de
conseil régional
Région Poitou-Charentes
Parti politique PS
Élu le 28 mars 2004
Prédécesseur Élisabeth Morin
Successeur en poste
Mandat 2004 -
Autres fonctions
Naissance 22 septembre 1953
Dakar (Sénégal)
Cinquième République
v · d · m

Mandats électifs [modifier]

Mandats locaux [modifier]
Au conseil municipal :
  • 1983-1986 : conseillère municipale de Trouville-sur-Mer (Calvados). Elle quitte son poste à la fin de l'année 1986, attitude qu'elle justifie par des fonctions d'importance croissante à l'Élysée. Il semble, toutefois, que son départ du Calvados soit davantage expliqué par ses faibles chances d’investiture par le PS local la même année.
  • 13 mars 1989 au 18 juin 1995 : conseillère municipale de Melle (Deux-Sèvres)
  • 18 juin 1995 au 18 mars 2001 : conseillère municipale de Niort (Deux-Sèvres)
Au conseil général :
  • 2 avril 1992 au 23 mars 1998 : conseillère générale des Deux-Sèvres
Au conseil régional :
  • 23 mars 1992 au 3 avril 1992 : conseillère régionale de Poitou-Charentes (démissionne pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy)
  • 2 avril 2004 - en cours : présidente du conseil régional de Poitou-Charentes
Autres :
  • 2004-2006 : présidente du syndicat mixte du Parc naturel régional du Marais poitevin

Mandats nationaux [modifier]
Députée :
  • 13 juin 1988 au 2 mai 1992 : députée des Deux-Sèvres (démissionne pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy)
  • 2 avril 1993 au 21 avril 1997 : députée des Deux-Sèvres
  • 1er juin 1997 au 4 juillet 1997 : députée des Deux-Sèvres (démissionne pour entrer dans le gouvernement Jospin)
  • 16 juin 2002 - 17 juin 2007: députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres (élue au 2e tour)

Fonctions ministérielles [modifier]

Ministre déléguée :
  • 4 juin 1997 au 27 mars 2000 : ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l'Éducation nationale Claude Allègre
  • 27 mars 2000 au 27 mars 2001 : ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, brièvement Martine Aubry puis Élisabeth Guigou
  • 28 mars 2001 au 5 mai 2002 : ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Élisabeth Guigou
Ministre :
  • 3 avril 1992 au 29 mars 1993 : ministre de l'Environnement du Gouvernement Bérégovoy

Prises de position [modifier]

Ségolène Royal a plusieurs fois exprimé sa volonté d'appliquer une politique économique keynésienne. Par ailleurs, elle a plusieurs fois critiqué la « logique boursière ». Le 27 avril 2007, elle défend « le choix, toujours, des valeurs humaines sur les valeurs financières et sur les valeurs boursières[49] ». Ségolène Royal a déclaré adhérer à certaines idées de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair (réinvestissement dans les services publics, lutte contre le chômage des jeunes et prise en charge des jeunes diplômés), ce qui lui valut l'étiquette de « blairisme ». Cependant elle a aussi critiqué le manque de réactivité de celui-ci face aux fermetures d'usines au Royaume-Uni et dit penser qu'il a fait le mandat de trop. En 2005, elle soutient, comme le Parti socialiste et la plupart des partis socialistes et sociaux-démocrates européens, le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, mettant en avant par exemple des progrès de ce texte sur la question des services publics dans l'Union européenne.

Pendant les troubles au Tibet du printemps-été 2008, Ségolène Royal s'exprime à plusieurs reprises sur le sujet et rencontre diverses personnalités tibétaines[50] y compris le Dalaï Lama. Elle déclare son intention d'aller au Tibet dans les plus bref délais [51],[52],[53] et elle invite les autorités chinoises à dialoguer avec les Tibétains[54].

Le grand concert meeting de Ségolène Royal le 1er mai 2007, au stade Charléty, réunissant plusieurs artistes et quelque 60 000 personnes[55]

Affaires judiciaires [modifier]

Procès gagné contre son père [modifier]

En 1978, elle assigne son père en justice car celui-ci refuse de payer ses études universitaires. Après de nombreuses années, elle obtient gain de cause[56].

Condamnation [modifier]

Après la dissolution de 1997, Ségolène Royal a conservé trois collaboratrices lors des élections législatives. Pour un litige concernant leurs salaires, deux de ces dernières saisissent le conseil de prud'hommes de Niort et obtiennent en 1999 une condamnation de Ségolène Royal à un rappel de salaires de trois semaines sur les trois mois demandés. En 2001, Ségolène Royal est déboutée de la plainte pour « diffamation » qu'elle avait déposée contre ses anciennes collaboratrices qui portent plainte au pénal pour « recours au travail clandestin » pour laquelle Ségolène Royal obtient un non-lieu en 2003. Le 16 janvier 2007, le non-lieu est cassé par la Cour de cassation qui condamne Ségolène Royal à payer 2 500 euros aux plaignantes, dans l'attente d'un nouveau procès[57]. L'une des plaignantes, Evelyne Pathout, a écrit un ouvrage sur Ségolène Royal[58]. Le 10 avril 2008, la Cour d'appel de Rennes la condamne au versement de plusieurs mois de salaires non payés à deux de ses anciennes attachées parlementaires, arguant notamment d'un licenciement « sans cause réelle et sérieuse »[59].

Social: "on se croirait sous l'ancien régime", estime Ségolène Royal

Ségolène Royal estime, dans un entretien publié dans "Le Journal du Dimanche", que "quand on entend des élus de droite expliquer benoîtement que le bouclier fiscal protège les pauvres, on se croirait sous l'Ancien régime".

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle pense que "les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue: ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoire ni de bruit".

"Je pense le contraire: depuis qu'ils sont médiatisés, les salariés d'Heuliez (NDLR: l'équipementier automobile) progressent, on ne peut plus les dénigrer. Ce qu'on appelle la révolte, c'est une réaction contre la violence qui s'exerce contre les salariés et contre le pays", poursuit la présidente PS de la région Poitou-Charentes.

Pour Ségolène Royal, "les pouvoirs publics sont trop souvent sourds et aveugles, hermétiques à ce que disent les salariés". "Ni à Gandrange (NDLR: l'usine Arcelor-Mittal) ni chez Heuliez, l'Etat n'a accepté de prendre en compte les solutions des syndicats... Les gens en pleurent", déplore-t-elle. AP

Ségolène Royal en visite au Sénégal

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle en France, Ségolène Royal, a entamé dimanche au Sénégal une visite de cinq jours "axé sur la question du développement durable", en se rendant dans la banlieue de Dakar à la rencontre de militants associatifs.

A Thiaroye, où elle s'était déjà rendue en septembre 2006, elle a retrouvé le "collectif des femmes pour la lutte contre l'immigration clandestine".

"Comme promis", la présidente de la région Poitou-Charentes a remis à ces femmes un camion frigorifique pour le transport des produits de la mer qu'elles commercialisent depuis peu, y voyant "une preuve d'une utopie qui se réalise".

S'adressant aux dizaines de femmes ayant perdu leurs fils en mer, partis en pirogue vers l'Espagne, elle a lancé: "Vous avez vécu le grand malheur de la disparition de vos enfants, mais vous vous êtes ressaisies, vous êtres allées puiser en vous-mêmes un courage extraordinaire".

Toutes vêtues de boubous turquoise, les femmes ont chanté, dansé et prié en l'honneur de "Madame Ségolène", "une soeur", née à Dakar il y a 55 ans.

Auparavant, Mme Royal avait déjeuné d'un riz au poisson - plat national - dans les locaux d'une association accueillant des "enfants de rue", à Pikine.

"La façon dont l'Afrique va choisir ses solutions de développement va nous aider, nous-mêmes, pays du Nord, à nous en sortir", a-t-elle assuré, présentant "la question du développement durable comme un axe fort de sa visite".

Mme Royal s'était entretenue dans la matinée, à son hôtel, avec le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio.

"Marginaliser l'Afrique dans les instances internationales est non seulement une injustice mais une faute pour le monde entier", avait-elle déclaré, faisant écho au ministre qui avait jugé "anachronique" que le continent africain n'ait toujours pas de siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mme Royal, qui a échoué à l'automne à prendre la tête du Parti socialiste, n'a pas dit un mot de la politique française au premier jour de cette visite qui s'achèvera jeudi.

Elle prononcera lundi un discours à Dakar, après avoir été reçue par le président Abdoulaye Wade.

Le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer Yves Jégo a critiqué lundi les propos de Ségolène Royal qui "joue au pompier pyromane" après les violences

Le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer Yves Jégo a critiqué lundi les propos de Ségolène Royal qui "joue au pompier pyromane" après les violences de Strasbourg, en marge du sommet de l'OTAN.

"On ne dénonce pas assez ceux qui jettent de l'huile sur le feu, ceux qui comme Mme Royal ce week-end jouent les pompiers pyromanes, en disant qu'on est passé avec elle de l'ordre juste au désordre juste", a commenté sur France-2 Yves Jégo. "On semble tout justifier y compris la casse et la violence".

"Ce sont ces discours politiques qui entraînent ces situations", a lancé le secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer. "Derrière, il y a des images qui sont totalement inacceptables: il faut que la justice soit ferme".

Jugeant "étonnant qu'on polémique sur ce sujet" de la réaction policière, Yves Jégo a souligné que "ce qui est scandaleux c'est qu'il y ait des gens qui aient éprouvé le besoin de passer d'une manifestation à de la violence et de la casse". "Les coupables se sont les voyous, les casseurs, personne d'autre".

"Il y aura une forme de solidarité nationale" envers les personnes touchées par les violences, mais c'est "scandaleux que l'impôt des contribuables, des gens qui travaillent, serve à payer le fruit de la casse d'une poignée de voyous", a conclu M. Jégo.

"Segolene Royal est une personnalité incontournable" selon Benoit Hamon

Ségolène Royal est "une personnalité politique incontournable", selon Benoît Hamon

AP | 06.04.2009 | 09:51

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a estimé lundi que Ségolène Royal est "une personnalité politique incontournable".

"C'est une personnalité politique incontournable, tous ceux qui pensent que Ségolène Royal pourrait être contournée se trompent", a-t-il expliqué sur RTL. "Elle a été candidate, elle demeure une personnalité politique importante, c'est une lapalissade".

Avec la Première secrétaire du PS Martine Aubry, "nous sommes dans des registres parfaitement complémentaires (...) Nous aurons quelques occasions dans les semaines qui viennent de les voir ensemble", a ajoute le porte-parole du PS.

"L'explication qu'elle donne de la radicalisation des conflits sociaux est intéressante: elle pointe une forme de désespoir et de souffrance de familles françaises qui, confrontées à la brutalité du chômage, des licenciements, expriment le sentiment de n'avoir plus rien à perdre", a-t-il avancé. "Le devoir des politiques est d'essayer de comprendre et d'apporter des réponses".

Interrogé sur les violences à Strasbourg, Benoît Hamon a jugé "difficile" de se prononcer sur l'attitude de la police. "Qu'on fasse la lumière sur les conditions dans lesquelles (...) des commerces ont été brûlés, cela me paraît logique, mais je ne veux pas jeter la pierre sur qui ce soit, parce que je n'en sais pas plus". AP

« C'est une joie d'être présidente de région »



PAUSE DÉJEUNER AVEC... Ségolène Royal. La présidente du Conseil régional était l'invitée de la rédaction hier pour un tour d'horizon à l'entame de la dernière année de son mandat.


Ségolène Royal, vous attaquez la dernière année de votre mandat régional. Est-ce que vous avez tenu les promesses de la campagne de 2004 ?

Ce n'est pas encore le moment de faire un bilan. Il reste un an, c'est beaucoup. [...] Nous sommes allés beaucoup plus loin que les engagements du projet initial. Vous pouvez le reprendre point par point pour vérifier. Voyez les 5000 emplois-tremplin, on les a largement dépassés.

Le projet politique avait été construit dans des réunions participatives, il a évolué de la même façon. Il s'est enrichi d'idées neuves. Sur le plan économique par exemple : l'appel à projets du véhicule électrique, l'agence régionale de l'innovation, le plan photovoltaïque de 400 millions d'euros, etc. D'autres chantiers arrivent, l'objectif « zéro pesticide en Région » par exemple.

De quoi êtes-vous la plus fière ?

Une action parmi d'autres ? C'est difficile. L'exemplarité de la région sur la croissance verte, c'est essentiel. Parce que derrière cette volonté d'excellence environnementale, il y a tout : les nouveaux métiers, les nouveaux emplois, une meilleure santé, une meilleure agriculture, les énergies renouvelables. On fait chaque jour la démonstration que c'est possible. La France pourrait être l'un des premiers pays du monde dans ce domaine.

Le deuxième pilier, c'est l'éducation. En Poitou-Charentes, on est exemplaire sur l'apprentissage, la formation professionnelle. Des actions qui sont imitées dans les autres régions.

Votre discours est volontairement positif. Il n'y a rien que vous ayez raté depuis que vous êtes aux commandes ?

Qu'est-ce qu'on a raté ? (Elle réfléchit, interroge du regard Jean-Luc Fulachier, le directeur général des services.) Le pôle de compétitivité qu'on voulait porter et qui a été torpillé par la droite ? Ce qui pèse, ce sont les réticences politiques ou administratives. Regardez Heuliez, il faudrait que ça débouche vite. C'est pas possible d'attendre quelques millions d'euros alors qu'on parie sur le véhicule du futur.

Les élus régionaux ont-ils les coudées franches ?

Je fais confiance, je délègue beaucoup. Pas la première année, c'est vrai, parce que je voulais tout comprendre du fonctionnement de la Région, des financements, des marges de manoeuvre, etc. Afin de ne pas me laisser déborder. Mais ensuite, j'ai laissé une très grande marge de décision aux élus. Aujourd'hui, je contrôle, c'est tout. Parfois je resserre un peu la vis, mais c'est marginal. J'ai une excellente équipe d'élus, soudée. À tel point que je ne fais même plus de différences entre les socialistes, les verts, les communistes, les radicaux...

Pendant ces cinq ans, vous avez fait trois campagnes personnelles (les primaires socialistes en 2006, la présidentielle en 2007, la campagne interne du PS en 2008). Est-ce que l'action régionale en a pâti ?

Je pense que la Région en a bénéficié, notamment en termes de notoriété. Toutes mes prises de parole ont eu lieu en tant que présidente de Région. J'illustre toujours mes propos par un exemple issu de la politique régionale ou en citant des gens qui font ici des choses formidables. C'est la politique par la preuve. Ce qui est fait ici, on pourrait le faire au niveau national.

Dans la dernière année de mandat, on pense forcément aux élections qui vont suivre. Vous avez déjà une liste, des thèmes de campagne ?

C'est un sujet qu'on n'aborde absolument pas. Il y a encore un an de mandat, dans un contexte de crise économique difficile, les gens sont au boulot. Il n'y a pas un élu qui soit venu me voir pour me parler de la prochaine liste. Je le recevrais très mal si ça arrivait. On n'est pas du tout dans cette phase. On est au service de la Région.

Vous y penserez quand ?

Le plus tard possible, l'année prochaine. Aujourd'hui, on bosse. Et je vous assure que c'est un bonheur d'être présidente de Région, une joie de tous les jours. Vous avez vu ce récent sondage qui dit que les gens sont plus attachés au fait régional qu'à leur département ?

Et si c'est l'opposition qui part en campagne la première ?

Si l'opposition a de bonnes propositions à faire pour la Région, qu'elle les fasse plutôt avant le vote du dernier budget. Je voterai sans problème une bonne idée de l'opposition. Il lui reste un an.

Qu'est-ce qui est le plus important : la Région ou 2012 ?

C'est la Région. Ce sont les autres qui évoquent 2012, pas moi.

Samedi, vous étiez pourtant à Paris avec vos troupes de Désirs d'avenir...

Je leur ai parlé d'Heuliez ! Si je peux avoir une expression politique authentique, c'est grâce à ce que je vis et je fais dans la région. Inversement, si je fais des choses positives ici, c'est parce que j'ai une vision claire des enjeux nationaux et internationaux. Je ne serais pas la même présidente de Région si je n'avais pas ces responsabilités nationales.

« J'attends de Sarkozy »...
...« Qu'il profite de sa visite à Châtellerault pour annoncer le maintien de l'école de Gendarmerie. En tant que chef des armées, il a le pouvoir de la décision et lancerait, dans un bassin d'emploi particulièrement fragilisé, un signe fort en direction de nos concitoyens. »
... « Qu'il se comporte en tant que président de la République et débloque sans lésiner le fonds d'investissement stratégique pour les entreprises précarisées. Chez Fabris, nous sommes intervenus et avons évité le dépôt de bilan. Des idées ont été mises sur la table, mais elles ont besoin du soutien de l'État pour aboutir. Il en va de même d'Heuliez. Il appartient à Nicolas Sarkozy de rectifier le flou artistique qui entoure ce dossier. C'est à lui et à lui seul qu'incombe le devoir de reconnaître l'enjeu économique du véhicule électrique et de déterminer la stratégie adaptée au développement du projet. C'est à lui et à lui seul qu'incombe le devoir d'éviter le dépeçage de cette entreprise. »

Ça va mieux en le disant
Paris Match a été condamné à 16 000 euros d'amende pour avoir publié des photos de vous. Où placez-vous la frontière entre la femme politique et la femme privée ?
C'est très simple. La vie publique, c'est ce qu'on décide de rendre public. Le reste, c'est privé. Alors, on me rétorque que j'ai posé avec mes enfants. Mais quand Giscard était sur des photos électorales avec ses enfants on ne disait rien ! Jamais vous ne m'avez vue avec ma famille sur des affiches électorales. Je ne ferai jamais ça.
Cette photo avec ma fille, ça remonte à 16 ans ! À l'époque, je suis ministre de l'Environnement, la presse me demande ce genre de choses, alors je donne une photo avec mon enfant, parfaitement digne et respectable, pour éviter ensuite d'être pourchassée.
C'est comme si vous invitiez votre voisin à prendre l'apéritif chez vous et que, le lendemain, il revienne et entre sans demander la permission, puis se serve lui-même. Quand je donne une photo, c'est public. Sinon, c'est privé. Et on ne rentre pas dans un domicile privé.


Arnaud Fage - Source : Centre Presse


Rencontre avec Howard Dean

Terra Nova vous invite à une rencontre exceptionnelle avec Howard Dean (Président du Parti Démocrate américain) - "Moderniser la vie politique : le modèle Obama" - en présence d'Arnaud Montebourg, Delphine Batho et Olivier Ferrand.


SAMEDI 4 AVRIL – 16h à 18h
Mairie du IVème arrondissement
2 place Baudoyer, 75004 Paris


Président sortant du Parti démocrate (2004-2009), ancien Gouverneur du Vermont, Howard Dean est considéré comme le précurseur et l’architecte de la victoire de Barack Obama. Candidat à la primaire présidentielle en 2004 face à John Kerry, il est le premier candidat à avoir maîtrisé internet, en s’appuyant notamment sur Move On pour créer un mouvement de soutien. A la tête des Démocrates, il a contribué à élaborer la stratégie politique gagnante (« stratégie des 50 Etats », allongement de la primaire) et les outils technologiques (présence sur les réseaux sociaux, site internet communautaire, financement par petits dons, programme de porte à porte…) qui ont été mis en œuvre par le candidat Obama. Il a également été au cœur de l’élaboration du programme présidentiel.

Arnaud Montebourg (secrétaire national du PS à la modernisation), Delphine Batho (députée) et Olivier Ferrand (président de Terra Nova) reviennent d’un séminaire sur la campagne présidentielle US, organisé à Washington par les équipes Obama pour la gauche européenne. Terra Nova a para ailleurs réalisé une mission sur les innovations de la campagne Obama (rapport disponible sur www.tnova.fr).

La rencontre sera introduite par Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement.


Arnaud Fage – Source : Désirs d'avenir


Succès pour Ségolène Royal sur Dailymotion

Nouvelle étape pour Ségolène Royal, elle a été la première personnalité politique française à s'installer sur Dailymotion, site de partage vidéo, de vendredi à dimanche. Les internautes étaient invités à poser leurs questions par webcam à l'ex-candidate à la présidentielle.

Une centaine de vidéos ont été postées, avec un score d'environ 27 000 visites pour la plus vue d'entre elles, consacrée aux « difficultés économiques ». Les onze réponses en images de Ségolène Royal portent essentiellement sur la crise, la politique de relance, l'éducation ou la politique du PS. Succès de l'opération qui souligne néanmoins la volonté de S.Royal d'être toujours présente et visible sur le Net.

Ségolène Royal Présidente en 2012


Ségolène Royal a affirmé mercredi qu'avec elle, Arcelor-Mittal à Gandrange, Caterpillar et Heuliez seraient "sauvées", estimant qu'il faut "réussir la mutation économique de l'industrie dans la croissance verte".

Alors que Nicolas Sarkozy a assuré qu'il allait "sauver le site" de Caterpillar, l'ex-candidate à la présidentielle a déclaré à l'AFP: "il avait dit la même chose sur Gandrange: le four de Gandrange a fermé hier. Il avait dit je vais sauver Heuliez: il y a eu des réunions hier (mardi) où la bureaucratie d'Etat n'a toujours pas débloqué suffisamment d'argent pour développer le véhicule électrique".


"Avec moi, ces entreprises seraient sauvées", assure Mme Royal. "Gandrange existerait encore parce que des projets de mutation industrielle du futur existaient dans l'entreprise et n'ont pas été écoutés".

Heuliez (Deux-Sèvres) pourrait, selon la présidente de Poitou-Charentes, "être leader mondial du véhicule électrique". Son "carnet de commande est plein" et les villes de la région "ont commandé 600 voitures".

Mme Royal demande que "toutes les administrations publiques commandent des voitures électriques françaises. On a montré l'exemple dans la région, il devrait y avoir un sursaut national des citoyens et des entreprises".


Caterpillar "intervient dans le bâtiment et les travaux publics. Quand Nicolas Sarkozy dit que les commandes ont baissé de 80%, ce n'est pas une fatalité", poursuit Mme Royal. "Au moment où on relance les grands travaux dans le cadre de la lutte contre la crise économique, il y a des grands travaux considérables à lancer sur les transports publics, les bâtiments publics sur les énergies renouvelables".

"Ce qui est en jeu aujourd'hui est de réussir la mutation économique de l'industrie dans la croissance verte", explique-t-elle.

Arnaud Fage - Source : AFP

Pour Ségolène Royal, Sarkozy doit "changer de cap"


Revenant sur l'intervention de Nicolas Sarkozy sur Europe 1, Ségolène Royal juge que la politique économique menée par le chef de l'Etat "conduit la France dans le mur".


Ségolène Royal est revenue sur l'intervention de Nicolas Sarkozy sur Europe 1, mercredi, en concentrant principalement ses critiques sur la politique du président de la République et sa manière d'exercer son rôle.

Son ancienne rivale à la présidentielle exhorte Nicolas Sarkozy à "changer", sur trois axes : se tenir à l'écoute des Français, la politique économique qui peine à rassurer, cesser de mener une politique pour "les plus nantis".


Voir la déclaration audio de Ségolène sur le lien ci-dessous

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Politique/Pour-Segolene-Royal-Sarkozy-doit-changer-de-cap/(gid)/213792


Arnaud Fage - Source : Europe 1


Radio France: Cluzel écarté de la direction par Sarkozy


Jean Paul Cluzel, PDG de Radio France, ne sera pas reconduit à la fin de son mandat à la mi-mai. L'Elysée l'annoncera, jeudi 2 avril, dans un communiqué et proposera le nom de Jean-Luc Hees au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour le remplacer. M. Cluzel a été averti de cette décision mercredi matin par un coup de téléphone de Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée.


Le Monde rappelle ce soir la procédure de nomination: pour être nommé, M. Hees devra passer plusieurs étapes, comme le prévoit la nouvelle loi sur l'audiovisuel public. Il sera d'abord entendu par le CSA, auquel il présentera un projet pour Radio France.

Les "Sages" voteront ensuite à bulletin secret à la majorité simple sur sa candidature. Si le vote est négatif, M. Hees n'aura aucun recours et M. Sarkozy devra proposer un autre candidat. Si le CSA approuve la candidature de M. Hees, celui-ci sera ensuite auditionné par chacune des commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat, qui délibéreront et procéderont à un vote. Si aucune majorité qualifiée (trois cinquièmes) ne s'oppose à sa nomination, il sera alors nommé lors du conseil des ministres suivant.


Agé de 57 ans, M. Hees, qui a une longue carrière à la Maison de la radio, où il est entré en 1972, avait été évincé en 2004 par M. Cluzel, lors son arrivée à la présidence de Radio France. Longtemps correspondant aux Etats-Unis, il anima ensuite plusieurs émissions culturelles sur la radio publique avant d'être nommé directeur de France Inter entre 1997 et 2004. Actuellement, M. Hees anime une émission sur Radio Classique.